«Lorsque sur une berge immaculée d’Élissandre
jailliront des flots échevelés
le fils et la fille promis par la déesse;
que brûleront les champs et les hommes,
que se battront sournoisement les rois et
que les lamanes ne sauront lequel de leurs mensonges croire,
alors viendra pour l’âme humaine l’époque du choix,
et pour les cieux celle du grand nettoyage.»









1– Le Grand Œuvre et mon engagement à la Cause.

        … et s’en revient l’époque du changement d’année stellaire. Celui du nettoyage des âmes et de la Terre qui les supporte.

        L’homme craint toujours de perdre ce qu’il possède. Moi, Mérinock, Vénérable d’Évernia, j’ai été chargé par mes frères du Collège des Vénérables et par notre Sainte Mère la déesse, d’une mission.

        Je dispose d’un laps de temps de deux mille ans pour accomplir
un Grand Œuvre  : amener l’humanité à une nouvelle étape de son développement.

        Je rassemblerai un groupe d’âmes. J’obtiendrai de chacune d’elle respect, fidélité, affection et promesse d’obéissance. Je les plongerai ensuite dans la vie physique. Je m’engage à les guider dans leurs rêves, mais aussi dans leurs vies. À les placer là où le sort les attend. Pour les remettre dans chaque existence sur le chemin qu’ils ont choisi de vivre,  je suis autorisé à jouer, si nécessaire, au chat et à la souris avec leurs égos. Cette Part d’Ombre, aussi appelée le libre arbitre, sera ma bête noire. La promesse d’âpres luttes, de défaites quelquefois – de déceptions, toujours.

        Le temps sera mon allié. La mort, une simple porte par laquelle j’entre et sors à ma guise au long des siècles.

        Deux mille années humaines pour préparer les peuples au Changement. Une petite année stellaire est-elle trop ou trop peu pour permettre à des millions d’âmes de progresser de vie en vie à travers plusieurs époques, jusqu’à ce qu’elles puissent enfin, au long de souffrances, mais aussi de belles expériences, redécouvrir la lumière qui vit en elles ?

         Torance, Shanandra ainsi que les autres compagnons ont déjà travaillé par le passé, sous d’autres identités, pour ce Grand Œuvre que nous avons conçu ensemble.

        Mes deux pupilles préférées reviennent aujourd’hui, enfants chétifs et craintifs, prince et princesse malheureux de royaumes désorganisés où sévissent les inégalités et la cruauté des hommes. Ces deux jeunes sont pourtant promis au plus bel avenir qui soit : celui de nettoyer la Terre des sombres pensées de l’homme, accumulées dans les plis subtils de l’éther depuis des milliers d’années. Celui, aussi, de laisser à la postérité le souvenir d’êtres généreux et altruistes porteurs des préceptes de vie tant de fois livré aux rois et tant de fois rejeté par leur ignorance ou leur cupidité.

         Ma tache et la leur ne s’arrêteront pourtant qu’au terme de ces deux mille années. Lorsque les âmes, ayant revécu maintes et maintes fois sous des ciels, des lois et des sociétés différentes, auront atteint une nouvelle étape de leur développement.


2- Les pourquoi, les défis, les mystères, la connaissance sacrée.

         Moi, Mérinock, je m’engage au fil de ces récits de vie à répondre des termes suivants :
  • D’où vient l’homme incarné ? Est-il le fruit d’une lente et laborieuse évolution ou bien le résultat d’une expérience cosmique implanté sur la Sphère de Gaïa par une race extra-terrestre ?
  • La civilisation dite des Douze Royaumes, issue du partage des Terres entre les fils et les filles de la déesse, est-elle la première et la seule qu’a jamais connue l’homme ? (Telles que le prétendent les supposées saintes Écritures transformées en dogmes rigides par les lamanes.)
  • L’homme ne vit-il qu’une seule fois dans un corps doté d’une âme périssable créée à la naissance et réduite en cendre à la mort ?
  • N’a-t-on pas le droit d’aimer, de faire des erreurs et de les réparer dans des vies futures ?

         Et tant d’autres concepts, encore, qui séduiront ou effrayeront les âmes que j’ai choisies pour qu’au long de ces pages, ils vivent et meurent, revivent, apprennent… et finissent par comprendre.