Mai 2010
 
  Bonjour à vous, chers membres de mon Club d’amis secrets !

              J’espère que vous allez bien, ce mois-ci. Entre nous, le mois de mai est mon mois préféré. Et j’ai une autre raison pour être joyeuse. Figurez-vous que mon amie Viviane, qui m’a tant aidée lors de mon aventure intitulée La forêt invisible, m’a donné de ses nouvelles dernièrement.

       


           


             Aussi, il me fait plaisir de vous raconter notre rencontre à la fois magique et secrète, bien sûr !
            Comme c’est un peu long, j’ai pensé la diviser en deux parties.
Voici donc la première…
            C’était samedi dernier, en après-midi. Je comptais passer une heure ou deux à lire tranquillement sur le toit du palais royal avec Yuki, la petite chatte de Mélanie, quelques muffins au chocolat et un verre de lait ou de limonade.
            Vous comprenez, la fin de semaine, Madame Étiquette est en congé. Alors, j’en profite pour respirer un peu. Ce jour-là, ma mère était en visite chez de vieilles duchesses. Mon père était parti avec Frédérik pour Rosara, son château personnel, afin de s’occuper de ses roses. Et moi, je devais  plus tard assister à un repas donné en l’honneur d’un ambassadeur en compagnie de grand-père et grand-mère. Bref, la routine royale !
            Je m’étais donc installée à l’ombre, quand j’ai entendu des voix en provenance de ce que l’on appelle chez nous le «Vieux-Palais». Ce bâtiment est collé au «Haut-Palais» où je vis, et il abrite depuis des années le Musée royal de Nénucie.
            Dans ma hâte de finir un roman fantastique que j’adore, j’avais oublié que le samedi aussi, le musée est ouvert au public !
            Curieuse, j’ai pris ma lunette d’observation, histoire de voir un peu quel genre de touristes vont admirer les collections de peintures et de sculptures. Et là, je suis restée ébahie de surprise !
            Viviane se trouvait dans le groupe de visiteurs qui franchissait les guérites de sécurité. Viviane, sa mère et… un garçon blond de notre âge !
            J’avoue que j’étais vraiment très intriguée.
            J’ai pesé le pour et le contre, et admis que mon roman ne s’envolerait pas alors que mon amie Viviane, oui !
            Je suis redescendue dans ma pièce secrète pour y chercher un déguisement qui me permettrait de passer inaperçue. Une perruque rousse, un faux nez, des lunettes, une jupe en jeans, un chandail blanc et une veste assortie. Sans oublier une paire de baskets confortable, au cas où je devrais décamper à toute vitesse !
            Je me suis engouffrée dans les passages secrets et me suis rendue directement dans le «Vieux-Palais». Grâce aux yeux magiques pratiqués dans l’épaisseur des murs, j’ai pu trouver une pièce d’exposition encore vide.             Une des issues était située derrière un des cadres. J’ai actionné le mécanisme : la peinture a glissé dans le mur. Et hop ! Ni vu ni connu, je suis sortie pour me mêler à la foule.
            Mon cœur battait la chamade, car je n’avais aucun papier d’identité sur moi et personne pour m’accompagner. Je dois vous dire que nos gardiens de sécurité sont très efficaces. S’ils repèrent un visiteur louche, ils l’embarquent aussitôt pour l’interroger !
            Il y avait du monde partout…
            Des gens venus de plein de pays.
            J’ai gravi des escaliers, suivi des touristes de salle en salle, vu des centaines de tableaux.
            Soudain, on me bouscule, je me retourne, et paf ! Je me ramasse au sol sans mes lunettes. Un garçon m’aide à me relever et me sourit.
             – Je m’appelle Simon.
             – Ah ! lui ai-je rétorqué. J’aurais plutôt cru que tu t’appelais «Tornade» ou «Catastrophe ambulante » !
             C’est à cet instant que j’ai reconnu mon «cyclone vivant». Le garçon qui, justement,  accompagnait…
             Viviane a alors surgi avec sa mère.
             – Je suis désolée, s’empresse de me dire Marguerite, la mère de Viviane.
             – Moi aussi, approuve Viviane qui a toujours été une fille vraiment pas du genre compliqué.
             Et elle me redonne mes fausses lunettes tombées.
             Encore heureux que le choc ne m’ait pas arraché la perruque de la tête ! De quoi aurais-je eu l’air, sinon ?
             Sinon. Pas Simon. Simon qui rigole tout seul dans son coin en haussant les épaules, l’air de dire que ce n’est pas grave. S’il savait combien il est crucial que mon déguisement tienne !
             – Tu es seule ? me demande Viviane.
             – Tu veux nous accompagner ? ajoute sa mère.
             À la fois tout énervée d’avoir retrouvé Viviane tout en sachant qu’elle ignore qui je suis, et un peu embêtée, j’hésite.
            – Allez ! insiste Simon qui a l’air, ma foi, de me trouver à son goût !
            – Je…, heu…
            Et si ce garçon était le petit copain de Viviane ? Je ne voudrais pas causer de peine à mon amie…
Qu’auriez-vous fait à ma place ?
            La suite dans mon prochain courrier… Portez-vous bien d’ici là !


Lia de Nénucie