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Bonjour, cher fan secret !
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Ce mois-ci, j’ai envie de te parler d’une personne que tu commences à connaître très bien : et j’ai nommé la très élégante, professionnelle et «fouine partout» Madame Étiquette !
Un matin que je disparaissais presque sous son nez − tu auras deviné, bien sûr, que je fuyais par les passages secrets, dans lesquels j’aime tant me glisser sans crier gare… −, ma gouvernante, très futée sous ses bigoudis, a eu une idée. |
Je n’ai pas su immédiatement de quoi il s’agissait. Mais j’ai perçu son air rusé par l’œil magique ouvert dans la paroi. Ne me voyant plus, la comtesse a commencé à sauter sur place comme une vieille chèvre en colère. Cependant, elle s’est très vite mise à réfléchir.
Alors elle est partie en courant comme une folle dans le couloir.
Sur le coup, je me suis dit qu’elle était tout simplement frustrée, et que
c’était tant pis pour elle.
C’est seulement en soirée que j’ai appris que ma double vie et mes secrets étaient passés à deux doigts d’être révélés à la comtesse.
Oui. Tu m’as bien comprise !
Le soir venu, donc… J’entends « Toc ! Toc ! Toc ! » contre le mur de ma chambre.
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C’est à mon tour de faire un saut. Je me redresse dans mon lit et je colle ma joue contre le mur, là où se trouve le grand cadre en pied représentant mon ami l’Ambassadeur de lumière. |
Le passage secret s’ouvre…
Monsieur Monocle me salue. Je lui dis qu’il est tard, que je finissais de lire quelques pages de l’excellent roman fantastique que je suis en train de dévorer, et que…
Mais voilà qu’il me tend… un CD !
– C’est un DVD, précise-t-il.
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Ne t’en fais pas, je sais ce qu’est un DVD, quand même ! Ce qui ne m’empêche pas de faire une drôle de tête. Enfin, c’est Monsieur Monocle qui me l’a dit. |
– Et… c’est à quel sujet ? que je lui demande.
– Ce matin, vous vous êtes glissée dans le passage secret au nez de votre gouvernante…
Pendant qu’il me parle, je fais ce que tu aurais fait à ma place : j’allume mon portable et je glisse le DVD dedans.
– Vous vous reconnaissez, Altesse ?
Je suis fatiguée, mais pas au point de ne pas me reconnaître.
Je me vois débloquer le passage secret et y pénétrer. Puis, Madame Étiquette tourne l’angle du même couloir − elle était en train de me parler − et s’arrête net, stupéfaite de ne plus me voir.
Je rigole, car c’est drôle d’observer la scène par l’œil de la caméra de surveillance. Il y en a des centaines dans le palais, mais j’étais loin de me douter que Madame Étiquette était assez à l’affût des technologies pour y avoir recours !
– Ce DVD, m’apprend Monsieur Monocle, s’est retrouvé entre les mains de votre gouvernante.
– Quoi ? dis-je, complètement catastrophée. Vous voulez dire que Madame Étiquette…
– … sait à présent que le palais compte des passages secrets. Et que vous passez votre temps à la prendre pour une idiote en disparaissant dedans !
Mon vieil ami éclate de rire. C’est qu’il se moque de moi, en plus !
– Rassurez-vous, Altesse, Madame Étiquette n’a eu entre les mains qu’une copie trafiquée de la scène. Allan se trouvait dans la salle de surveillance, ce matin, quand elle y a surgi en état de panique.
– Elle a voulu vérifier les bandes de surveillance du couloir où nous nous trouvions !
– Exactement.
– Et…
– Alors, Allan lui a demandé quelques minutes pour repérer la bonne caméra et le bon lecteur DVD.
J’attends, impatiente de connaître la suite de cette histoire alarmante. Je t’avoue qu’à ce moment-là, mon cœur bat à tout rompre !
– Allan, bien sûr, lui a remis un DVD de votre corridor, mais il a pris soin de vous effacer de la bande. Ainsi, sur la version de Madame Étiquette, elle se voit tourner le coin, puis se retrouver toute seule, un point c’est tout.
Monsieur Monocle lève les yeux au plafond.
– La pauvre femme n’a rien compris. Elle était totalement éberluée. Je ne serai pas étonné qu’elle se croie la victime d’un mauvais sort.
Morale de cette histoire : j’ai eu tort de penser que ma gouvernante resterait naïve toute sa vie. Il va me falloir redoubler de méfiance à son égard !
J’espère que ton mois de mars est aussi mouvementé et intéressant que le mien, même si ce mois est plutôt gris par ici, et que l’hiver s’éternise… Mais j’y pense, tu as eu, au Québec, ta fameuse «semaine de relâche » ! Quelle chance ! J’espère que tu en as profité au maximum !
On se reparle le mois prochain. En attendant, je te souhaite beaucoup de plaisir !
À bientôt !
Lia de Nénucie
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